Partager sur Facebook

01/01/2011

Après le bombardement, la reconstruction

Victime d'un bombardement en 1944, la ville de Noisy-le-Sec a été déclarée "ville sinistrée" comme plusieurs communes de la région parisienne. Pour sa reconstruction, Noisy a servi de cité d'expérience pour le ministère de l'Urbanisme de l'époque.

Plan de la cité d'expérience - Ville de Noisy-le-Sec

Le dossier réalisé par Patricia Da Costa, constitué et stocké aux Archives de France, montre combien Noisy-le-Sec a bénéficié d'un plan d'urbanisme particulier. Ce sont des chantiers expérimentaux,lancés par le ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, alors en place en 1945, qui ont déterminé l'apparence de maisons et autres structures de la ville.

La cité d'expérience de Noisy-le-Sec
(1945-1953)

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la région parisienne a été relativement épargnée par les destructions ; néanmoins, en 1948, 58 communes étaient déclarées sinistrées (Gennevilliers, Saint-Maur, Créteil, Maisons-Alfort...). Gare de triage, Noisy-le-Sec fut bombardée le 18 avril 1944 ; les destructions immobilières ont été considérables. La commune fut déclarée sinistrée le 5 août 1944. Le projet d'aménagement de Noisy-le-Sec était lié au plan général d'aménagement de la région parisienne, qui accordait une large place aux chantiers expérimentaux. Ce projet est pris en considération en décembre 1945, accompagnée d'une déclaration d'utilité publique. Deux chantiers d'expérience étaient envisagés à Noisy-le-Sec ; l'un dans le quartier du Merlan destiné à une cité de maisons préfabriquées, et l'autre sur la place de la gare destiné à un immeuble d'Etat.
Début 1945, sous l'impulsion de Raoul Dautry, le ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme avait ordonné la création d'une cité d'expérience composée d'une cinquantaine de maisons prototypes, entourées de jardinets et séparées par des clôtures basses.

La Reconstruction s'effectuait alors dans des conditions difficiles : insuffisance de charbon, pénurie de matériaux de construction traditionnels (ciment, briques, tuiles, carrelage...), insuffisance de matériel, manque de main-d'œuvre spécialisée et locale ; à cela, s'ajoutaient les prix élevés de la construction et l'urgence des besoins. Le ministère de la Reconstruction souhaitait donc mettre l'accent sur l'emploi de matériaux et de procédés de construction nouveaux, nécessitant le moins de matières premières ou le moins d'énergie possible pour leur transformation. Le chantier de la cité de Noisy-le-Sec permettait à des constructeurs français et étrangers de présenter différents procédés de construction mettant en œuvre les matériaux les plus divers : bois, métal, béton, béton armé, matériaux synthétiques... A côté des industriels français, étaient présentes des
entreprises des Etats-Unis, du Canada, de la Suisse, de la Grande-Bretagne, de la Suède, de la Finlande... La recherche de prototypes concernait les infrastructures, mais aussi les équipements intérieurs des maisons : cuisines, salles de bain, mobilier. Faire appel à des constructeurs étrangers a nécessité un effort d'information auprès de la population locale ; en effet, elle n'était pas habituée à vivre dans des maisons en bois, ni à cuisiner dans des cuisines américaines ouvertes sur une salle commune. Les travaux commencèrent en septembre 1945, pour s'achever en 1953, date de livraison de la dernière maison. Les prototypes étaient testés au fur et à mesure de leur réalisation. Les maisons ont été attribuées à des sinistrés de la commune par l'intermédiaire d'une Commission de relogement des sinistrés mise en place par la municipalité. Elle était composée de fonctionnaires municipaux et de représentants des services du logement créés par le ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme.

Les chantiers expérimentaux ont été la pièce maîtresse de la politique d'industrialisation du bâtiment mené par le ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme. Fierté du Ministère, des visites y étaient organisées. A Noisy-le-Sec, élus, architectes français et étrangers, étudiants, professeurs d'enseignement ménager,
assistantes sociales... se sont succédés pour voir ces maisons, prototypes de préfabrication. A partir de 1948, le ministère entreprend de grands chantiers pour des ensembles plus vastes de logements, fort des premières tentatives des chantiers expérimentaux.

(Sources: Danièle Voldman, La reconstruction des villes françaises de 1940 à 1954, Histoire d'une politique, 1997)

Article de Patricia Da Costa


Consultez le lien ci-dessous pour en savoir plus sur le plan de Reconstruction à Noisy-le-Sec (1945-1953).

Partager sur Facebook

août 2017
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      

Archives

Jan. Fév. Mars Avr.
Mai Juin Juil. Août
Sep. Oct. Nov. Déc.

<< 2017